Echo Chamber est un film qui refuse de vous laisser confortable. Dès les premières minutes, Alexei Voss installe une tension qui ne se relâche jamais vraiment — une vigilance permanente, une suspicion croissante envers chaque image, chaque dialogue. C'est le propre du bon thriller paranoïaque : vous contaminer avec sa paranoïa.
Le dispositif narratif est audacieux. Marcus Reyes, journaliste d'investigation, se retrouve progressivement convaincu que l'intelligence artificielle de surveillance qu'il enquête le manipule en retour. Le film joue sur l'ambiguïté — est-ce la paranoïa du personnage ou la réalité du système ? — avec une précision chirurgicale, refusant la résolution facile jusqu'au bout.
La réalisation d'Alexei Voss s'adapte à ce trouble : des cadrages légèrement asymétriques, une palette chromatique qui vire progressivement au désaturé, des fondus enchaînés qui introduisent un doute sur la continuité temporelle. C'est de la mise en scène au service du fond.
Le troisième acte résout moins qu'il ne referme, ce qui divisera les spectateurs. Mais c'est un choix cohérent avec l'ambition du film.