Hollow Bastion V transporte la saga de survie-horreur dans un décor inédit : une station orbitale abandonnée, silencieuse et menaçante, où l'isolement devient une arme en soi. Le changement de cadre fonctionne dans les premières heures, lorsque Dusk Lane Games exploite à plein l'angoisse de l'espace clos et de l'espace infini qui coexistent derrière un simple hublot.

La direction artistique est le point fort du titre. Les couloirs de la station alternent entre le métal froid et les excroissances organiques qui colonisent lentement les parois — une esthétique body horror discrète, efficace, qui rappelle les meilleurs moments de la franchise tout en apportant quelque chose de nouveau. Le sound design renforce l'ambiance : les craquements de la coque, les ventilations distantes, les silences qui s'étirent.

Mais le fil narratif commence à s'effilocher dès le milieu du jeu. L'histoire principale, prometteuse dans ses premières révélations, se perd dans des sous-intrigues qui n'aboutissent pas et des retournements qui manquent d'impact. On traverse des zones de plus en plus grandes avec une direction d'autant moins claire. La sensation d'urgence qui portait les premiers opus s'estompe.

Les mécaniques de survie restent solides — gestion des ressources, craft minimaliste, confrontations évitables. Hollow Bastion V ne cherche pas à révolutionner sa formule, ce qui lui vaut à la fois sa solidité et son sentiment de déjà-vu. Les fans de la saga trouveront leurs marques ; ceux qui découvrent la franchise avec cet épisode auront probablement une expérience plus fraîche.